Fables - Jean-Pierre Claris de Florian

Jean-Pierre Claris de Florian

Classique
Texte intégral

Pour (re)découvrir Florian ou l’art de « conter gaiement »

« Pour vivre heureux, vivons cachés », « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées »… Qui sait aujourd’hui que l’on doit ces formules au plus prodigieux des fabulistes du xviiisiècle, Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) ?

Florian, dont la brève existence fut un véritable tourbillon, professait qu’il est, en matière d’écriture, un principe souverain : l’art de « conter gaiement ». Chacune des pièces du petit recueil qu’il publie en 1789 est donc une véritable fête de l’esprit. Les animaux, les hommes, les dieux mêmes s’affrontent, se combattent, s’entraident parfois en une série de petits tableaux vivants dont la modernité étonnera le lecteur d’aujourd’hui.

Si Florian, tout comme son oncle, le grand Voltaire, déteste la superstition, les injustices et la guerre, il a pour la nature une tendresse particulière. Le chien, la brebis, le rhinocéros, la vipère, la guêpe s’étonnent de la brutalité des hommes, le pauvre bouvreuil meurt de leur indifférence, et il faut toute la sagesse de l’éléphant blanc pour nous faire comprendre ce que l’humanité gagnerait à simplement observer les animaux. Écologiste avant l’heure, Florian nous avertit que l’intérêt nous conduit à la ruine et qu’il y a urgence à trouver la paix de l’esprit au cœur d’une « retraite profonde », dans l’un de ces asiles qu’offre la nature.

Florian exerça son talent dans tous les genres littéraires : la fable, bien sûr, mais aussi le roman, le théâtre. Il se livra même à la traduction (sa version française du Don Quichotte de Cervantès fit date) et à la chanson (on lui doit le célèbre refrain de Plaisir d’amour). Reçu à l’Académie française en 1788, ce noble qui avait pourtant de la sympathie pour les idéaux révolutionnaires fut emprisonné sous la Terreur. Il mourut un an plus tard des suites de sa détention. Il avait trente-neuf ans.

Fables réunies et présentées par Stéphane Labbe

Illustrations de Jean-Jacques Grandville

« De la fable », par Jean-Pierre Claris de Florian, circonstances de la composition des fables, genèse du recueil, réception, l’art de la fable chez Florian, l’établissement du texte, index des références mythologiques et des noms propres.

  • ISBN: 9782211304665
  • Date de première publication : 2009
  • Dans cette édition : 2019
  • Nombre de pages : 240
  • Prix public: 6.00 € - Acheter le livre en librairie

Étudier

Pour faire découvrir aux élèves un fabuliste dont l’œuvre peut être lue du cycle 3 à la troisième

Au cycle 3, en CM2, dans le cadre de l’objet d’étude : « La morale en questions », mais aussi en sixième, au titre de l’objet d’étude : « Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques ».

Au cycle 4, en troisième, dans le cadre de l’objet d’étude : « Dénoncer les travers de la société » qui recommande, notamment, la lecture de fables à visée satirique.

En classe
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  • 3e

« Le Grillon », de Jean-Pierre Claris de Florian. Commentaire de texte.

Stéphane Labbe, professeur de lettres

5 pages

  1. Variété et vivacité du récit.
  2. Opposition entre les protagonistes.
  3. Condamnation du paraître et du jeu social.
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  • 6e

À la découverte des « Fables » de Florian

Dominique Jolivet, professeure de lettres

8 séances – 24 pages

  1. Qu’est-ce qu’une fable ? (utilisation du dictionnaire, analyse du mot « fable », l’auteur de ces fables).
  2. Étude de la langue : les expansions du nom dans les fables.
  3. La composition d’une fable : autour de « La Guenon, le Singe et la Noix » (distinguer récit et morale, comparaison avec « Le Laboureur et ses enfants » de La Fontaine), rédaction d’une fable.
  4. Groupement thématique autour du chat et du chien (objectif : montrer que si, dans certaines fables, les animaux sont les mêmes, en revanche leurs comportements changent, et la morale diffère).
  5. Lecture de l’image : les illustrations de Grandville, l’illustration de la fable « L’Aveugle et le Paralytique », réaliser une illustration en interdisciplinarité français / arts plastiques ; expression écrite : rédiger une histoire à partir d’une image.
  6. Travail de recherche en lien avec les SVT : animaux exotiques et animaux communs, classification des animaux, synthèse orale.
  7. Les figures de style dans les fables (« La Coquette et l’Abeille », « L’Éléphant blanc » et « Le Crocodile et l’Esturgeon »), expression écrite.
  8. Évaluation.
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  • 3e

Les « Fables », de Jean-Pierre Claris de Florian

Stéphane Labbe, professeur de lettres

12 séances – 55 pages

  1. Définir la fable : relever certaines caractéristiques de la fable – récit, vers, morale – et constater l’insuffisance de ces critères pour définir le genre de la fable.
  2. Étude de la langue : la mesure du vers (le problème du « e » muet, les types de vers, l’hétérométrie.)
  3. La poétique de Florian : autour de « De la fable » et de « La Fable et la Vérité ».
  4. Écriture : réécriture en vers d’une fable d’Yriarte (entraînement à l’expression écrite).
  5. Florian moraliste ? Autour de l’« Épilogue » (définir ce qu’est un moraliste, comprendre que l’épilogue synthétise les intentions morales du fabuliste).
  6. L’« Épilogue », un bilan qui reprend les grandes orientations du recueil.
  7. Analyser la fantaisie de la narration dans une fable qui justifie le travail du moraliste : lecture analytique de « La Taupe et les Lapins » (structure de la fable, art du récit, dialogue).
  8. Étude de la langue : vocabulaire des défauts et qualités (lexique de la morale, analyse de quelques citations proverbiales issues du recueil).
  9. Comprendre en quoi la fable reprend l’un des combats essentiels du siècle des Lumières : la lutte contre la superstition. Autour de « L’Éléphant blanc ».
  10. Étude de la langue : les figures d’opposition.
  11. La satire sociale et politique.
  12. Évaluation : sujet de brevet autour de « Le Rossignol et le Prince ».
Pour les abonnés ecoledeslettres.fr
  • « Dénoncer les travers de la société ». L’image de la femme dans la satire
    par Stéphane Labbe, professeur de lettres :

    1. Cette séquence vise à comparer les images que différentes formes de discours satiriques donnent de la femme. Les premières séances, consacrées aux aphorismes puis à Voltaire, permettent de faire percevoir aux élèves cette évolution qui, du pur propos misogyne, aboutit à une prise de conscience des besoins en matière d’éducation des femmes. L’étude du Journal d’Ève, de Mark Twain, qui s’amuse des stéréotypes misogynes tout en faisant entendre la voix de l’héroïne, et de la parodie du Cid par Georges Fourest, déplace l’attention sur le terrain de réécritures qui esquissent des images amusantes et contrastées. L’évaluation est un sujet de brevet élaboré à partir de la fable de Florian intitulée « La Coquette et l’Abeille », porteuse, elle aussi, de stéréotypes…

Autour du livre

Médias
Analyse d’une illustration de Jean-Jacques Grandville : « La Carpe et les Carpillons »
Stéphane Labbe, professeur de lettres

Avis de lecteurs

Sur « Lecture Cube », le blog jeunesse de la médiathèque du Marsan

« Chacun s’accorde à penser que ces fables sont les meilleures après celles de Jean de La Fontaine. Dans son avant-propos, Florian est conscient de ne pouvoir rivaliser avec “l’admirable modèle” et, même s’il s’inspire du corpus universel des fables, il essaie d’éviter les sujets déjà traités. À la différence des autres fabulistes, il cherche un accord entre ses personnages et un dénouement heureux. Il parlait de l’art de “conter gaiement”. Florian passerait de nos jours pour un écologiste engagé. Il oppose souvent la sagesse des animaux à la brutalité, l’avidité et l’injustice humaines. Son jeu avec l’écriture et sa fantaisie donnent à ses textes une modernité qui étonne les lecteurs d’aujourd’hui. Passer de La Fontaine à Florian, c’est aussi passer du xviie au xviiie siècle avec une littérature plus hardie. Et, cerise sur le gâteau, dans cette édition de l’école des loisirs, la couverture est illustrée par le magnifique Benjamin Rabier. Découvrez les Fables de Florian et régalez-vous ! »