On ignore encore trop souvent que Marie-Catherine d'Aulnoy, contemporaine de Charles Perrault, fut la première à publier des contes de fées. Et celles-ci sont partout à l'œuvre dans son univers enchanté : elles métamorphosent les princes en oiseaux, les princesses en chattes, elles secondent Finette Cendron (avatar de Cendrillon) ou s'en prennent au bonheur de la trop difficile Toute-Belle. Leurs pouvoirs sont redoutables et leurs lois inexorables, elles commandent aux dragons et aux lions du désert et ne pardonnent aucun outrage. À l'inverse de Perrault, Mme d'Aulnoy ne cherche pas à restituer une quelconque tradition orale, elle laisse son imagination broder autour de schémas bien connus, combinant parfois deux contes pour entraîner son lecteur dans une succession de péripéties à la fois surprenantes et familières. La lecture de contes de Mme d'Aulnoy figure au programme des classes de sixième.
Autour du livre
Avis de lecteurs
Hebdomadaire « Le Trégor », 31 mars - 6 avril 2016
« Maintes fois réédités depuis leur création au xviie siècle, les Contes de Marie-Catherine d’Aulnoy ont quelque peu disparu de notre mémoire collective. La preuve, bien que figurant au programme des classes de sixième, aucune édition de poche accessible aux plus jeunes n’existait. Une « injustice » réparée avec la présente parution de ce recueil dans la collection « Classiques » (texte abrégé), sous la houlette de Stéphane Labbe. Le professeur lannionnais a réuni et adapté cinq contes de Mme d’Aulnoy avec cet amour de la belle langue qu’on lui connaît. L’ouvrage est complété par un dossier qui rend bien compte de l’importance de l’auteure, contemporaine de Perrault, dans la création du conte de fées. Une bien jolie redécouverte. »
« La Revue des livres pour enfants », février 2016
« La collection est de grande qualité, on le sait, et permet ici de faire connaître aux jeunes celle qui fut une des précurseures du conte de fées littéraire. C’est à la fin du xviie siècle, tout comme Perrault, qu’elle publia anonymement ces récits qui provoqueront un véritable engouement et enchanteront le public pendant de longues années. Ici, cinq de ses contes sont proposés : “La Belle aux cheveux d’or”, “L’Oiseau bleu”, “Finette Cendron”, “Le Nain jaune”, et “La Chatte blanche”, contes dans lesquels la figure de la fée se déploie dans toute sa dualité. En fin d’ouvrage, tous les outils pour en savoir plus : postface, glossaire, bibliographie et repères biographiques. »
« J’ai eu le livre pour Noël. L’édition que j’ai est celle publiée par l’école des loisirs en 2015 ; les contes sont abrégés, mais la première chose à noter, c’est que cela n’a rien de dérangeant dans la lecture, dans la compréhension de l’œuvre. Deuxième chose, ce sont des contes adaptés pour les élèves de sixième : il y a un astérisque à plusieurs termes au cours du livre, renvoyant à un lexique à la fin. Si je connaissais, ou tout du moins comprenais, la plupart de ces mots, avoir ce petit lexique était tout de même bienvenu.
Les contes de Marie-Catherine d’Aulnoy sont plus sympathiques que ceux de Perrault ou des frères Grimm : point de pied tranché, point de vengeance… En fait, les textes de Mme d’Aulnoy seraient plutôt un mélange entre les adaptations de Disney et les écrits d’Ovide (comme dans Les Métamorphoses, par exemple : ça ne se finit pas forcément bien, mais ce n’est pas si mal que ça non plus). Typique des contes, il y a une morale à la fin. Mais ne vous y trompez pas, ce ne sont pas des morales « faites attention à vos filles où elles seront perverties »… Non, c’est plutôt le genre de morale toute gentillette, sans être naïve pour autant. […] Je ne saurais dire lequel de ces contes de Mme d’Aulnoy j’ai préféré, mais je pense que ceux qui m’ont le plus marquée sont « L’Oiseau bleu », « Finette Cendron » pour ses références à d’autres contes (« Cendron » devrait d’ailleurs vous mettre la puce à l’oreille), et « La Chatte blanche ».
Marie-Catherine d’Aulnoy est une auteure à découvrir : de jolies histoires à découvrir, pleines de magie, d’aventure et d’amour, qui raviront un large public. »